30 ans après, il reste un symbole Version imprimable Suggérer par mail
03-04-2019
Francisco Alves Mendes Filho dit Chico Mendes, fut le leader militant syndicaliste brésilien le plus connu parmi ceux qui ont défendu les droits des seringueiros, ouvriers chargés de recueillir le latex dans les plantations d’hévéas d’Amazonie. Après de nombreux combats syndicaux et personnels pour la défense de la forêt amazonienne et de ceux qui en vivent, il fut assassiné à cause de ses idéaux sur ordre d’un riche propriétaire terrien. 30 ans plus tard, un petit groupe d’anciens seringueiros, et des descendants de leurs familles, commémoraient l’anniversaire de sa mort en la cathédrale Notre Dame du Seringueiro, dédiée par dom Rey à tous ceux si nombreux à cette époque dans la région, et exploités de façon éhontée.
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Né dans une famille de seringueiros de l’État brésilien de l’Acre, Chico Mendes commença à travailler dès l’âge de 11 ans et devint lui-même seringueiro. Dans les années 1960, la concurrence des cultures d’hévéas développées en Asie, celle du caoutchouc synthétique, firent que le prix du latex s’effondra, plongeant de nombreux ouvriers dans la misère. Les petits propriétaires fonciers vendirent alors leurs terres aux plus offrants soit, dans la plupart des cas, de gros éleveurs de bétail (destiné à produire de la viande bon marché pour l’Amérique du Nord) qui les spolièrent, coupant les arbres de la forêt (y compris les hévéas) pour ouvrir des pâturages. Les seringueiros se retrouvèrent sans travail.

Un des membres du Parti des Travailleurs (PT)

Chico Mendes commença alors une lutte locale, sociale et environnementale. Pour agir politiquement et être mieux entendu, il se présenta aux élections municipales de sa commune (Xapuri) et y fut élu. Devenu un des principaux membres locaux de l’équipe socialiste, il fonda un syndicat national brésilien (l’union des travailleurs ruraux de ­Xapuri) chargé de défendre notamment les droits des seringueiros qui le choisirent comme président. Souvent lors de manifestations non violentes, en faveur non seulement de la sauvegarde des hévéas, mais aussi de la protection de la forêt (et donc de ses habitants) le syndicat aidé d’une partie de la population tenta de désarmer pacifiquement les gardes chargés par les grands propriétaires de garder leurs terres. Et il arrivait à Chico Mendes de dire : « Au début, je pensais que je me battais pour sauver les hévéas ; puis j’ai pensé que je me battais pour sauver la forêt amazonienne. Maintenant, je sais que je me bats pour l’humanité ».

Un symbole

Le 22 décembre 1988, Chico Mendes était assassiné chez lui à Xapuri, devant sa famille, par des tueurs à gages engagés par un riche propriétaire, éleveur de bétail. Il avait 44 ans. Suite à cet évènement tragique, et en partie grâce aux médias, des réserves forestières furent créées dans la région où il vivait. Il en existe aujourd’hui plus de 20, couvrant plus de 8 millions d’hectares (80 000 km2) et appelées « réserves d’extraction » : réserves protégées. Chico Mendes est devenu et est resté l’un des symboles de la défense de l’Amazonie et de façon plus générale de l’environnement et du développement.
 
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