Il pleut dans la cathédrale de Dom Rey Version imprimable Suggérer par mail
03-03-2014
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Évêque pionnier, évêque sans soutane, bâtisseur, défenseur des opprimés, les termes n’ont pas manqué pour désigner Dom Rey, le fondateur de la Mission, l’une des plus dures du monde, que lui confia le pape Pie XI en 1932.
Que ce soit Daniel Rops (de l’Académie Française) dans un article publié dans La Croix en 1959 suite à une rencontre avec l’un des missionnaires de la Prélature d’alors, Yves Manciet (reporter photographe) dans son livre Amazonie, Terre Inachevée, paru en 1961, ou ceux qui le côtoyèrent dans le quotidien, tous se sont inclinés devant sa force physique (celle du lion, mais avec un cœur d’enfant), son tempérament de feu, sa Foi extraordinaire : un des témoignages les plus beaux qui puissent être donnés à l’universalité de l’Église et à la charité du Christ (Daniel Rops). Ce prélat suscita partout enthousiasme, vénération, admiration. En à peine 60 ans, là où il n’y avait ni écoles, ni médecins, ni prêtres, et dans les conditions extrêmes de l’enfer vert décrit par Ruy Cendrars, il bâtit, à la force de ses bras, souvent seul, le premier hôpital de Guajará, un collège, des écoles rurales, 14 chapelles, 5 églises, dont une cathédrale : la cathédrale Nossa Senhora Do Seringueiro.

Une cathédrale construite de ses mains

Le chantier commença en 1955. La cathédrale fut inaugurée en 1971. 16 années durant lesquelles dom Rey travailla sans relâche, charriant lui-même, avec et comme ses ouvriers, des camions de pierres concassées, du sable (ramené du bord du fleuve, ou dans le lit des ruisseaux, par m3) de la paille ; commandant des briques (50 000, puis 100 000, 400 000 en tout), des tuiles : 17 000, organisant kermesse sur kermesse, soirées festives, cherchant lui-même tables et chaises, relançant cheminots, seringueiros pour assurer l’animation ; s’occupant de l’acheminement gratuit de 3 500 kg de ciment par bateau (de Santos !). Et sans se décourager, malgré de nombreux incidents (pneu éclaté sous la chaleur, pluie qui oblige à annuler une kermesse importante, chute d’échafaudage – sans blessures graves heureusement – de plusieurs ouvriers !), n’hésitant pas à se rendre à plusieurs reprises à São Paulo (avec les difficultés de voyage de l’époque !) pour commander lui-même du matériel ; éclatant de colère quand on essayait de le gruger sur les prix, piaffant d’impatience quand rien n’avançait : attendre me fait vieillir disait-il !

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À gauche, Dom Rey. Au centre, gros œuvre du chantier. À droite, les tours (30/m de haut).

Il vérifiait minutieusement tous les travaux, fit refaire les canaux d’évacuation, les chenaux de cuivre complètement bosselés et retira aux ouvriers responsables une partie de leur salaire à titre de sanction. La cathédrale fut inaugurée le 8 décembre 1971, jour anniversaire des 25 ans d’épiscopat de Dom Rey et des 25 ans de sacerdoce de Dom Roberto, son successeur. À l’époque de sa construction les seringueiros (extracteurs de caoutchouc) composaient une grande partie de la population. Exploités par les seringalistes (propriétaires des hévéas), ils vivaient comme des esclaves, produisant des balles de caoutchouc pétries de sueur et de sang selon l’expression de Dom Rey, qui voulut leur rendre hommage en les plaçant sous la protection de la Vierge.

Maintenant le toit prend l’eau

En 1967 déjà, dom Roberto constatait des dégâts au niveau du toit. Les tuiles trop poreuses ne résistaient plus aux pluies… La charpente était en danger aussi. Bien qu’en bois de châtaignier du Para réputé pour sa solidité, elle s’abîmait à l’humidité. Dans le n° 23 Lettre d’Amazonie lançait un appel pour couvrir les frais de 18 tonnes de matériel acheminées de São Paulo pour sa réfection.
La toiture a tenu jusqu’à ces dernières années où les pluies tropicales recommencent à faire des dégâts. Il pleut maintenant dans la cathédrale, mettant en péril tout l’intérieur, risquant de faire s’effondrer le plafond. Cette fois il faut envisager de sérieux travaux : rénovation de la charpente abîmée, pose de tôles en aluminium pour la couverture, remplacement du faux plafond par du PVC… Coûteux. Le diocèse en a conscience, mais ne peut se résoudre à laisser se détériorer ce véritable monument historique, faisant partie de son patrimoine.

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État actuel du faux plafond

Lettre d’Amazonie s’est engagée à participer, dans la mesure du possible, au financement de ces travaux incluant la mise aux normes de l’installation électrique.
Coût total : 68 000 euros
Si vous pouvez nous aider (à titre indicatif)
• Le toit (tôles) 1 032 m2 : 30 euros le m2
• Le faux plafond (PVC) 938 m2 : 7 euros le m2

Tout don, même minime, sera précieux. Merci.

 
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