Qand le Brésil fait son cinéma

L’abbé Dutreuilh, vice-président de l’association Lettre d’Amazonie est critique cinéma dans son diocèse. Trois fois par semaine, sur la station locale de France Bleu Périgord, il donne ses coups de cœur cinéma.
Il a accepté de sélectionner pour nous quelques films brésiliens et pour vous aider à les découvrir, il vous propose le résumé d'un ensemble de critiques soulignant leur intérêt.




La Cité de Dieu Version imprimable Suggérer par mail

Titre original : Cidade de Deus – De Fernando Meirelles et Katia Lund – Avec Alexandre Rodrigues et Leandro Firmino Da Hora – Sorti à Paris le 12 mars 2003 – Interdit au moins de 16 ans (2 h 15)

La Cité de Dieu
Synopsis

Dans une favela de Rio, dans les années 60, Fusée, un gamin noir, pauvre et malin grandit dans un environnement violent. Mais il tente de voir cette réalité autrement, avec un œil d’artiste. Son rêve est de devenir photographe professionnel. Petit Dé, un enfant de 11 ans arrive dans la cité. Son souhait le plus cher est de devenir un grand criminel de Rio. Il commence son apprentissage en rendant de menus services à la pègre locale et plus particulièrement à Tignasse et son gang. Trés vite Tignasse donne à petit Dé l’occasion de commettre son premier meurtre, le premier d’une longue série.

Ce qu’en a dit la presse

Un grand film qui nous laisse K.-O. et qui prend sa source dans la vraie vie d’une favela. Meirelles nous offre ici du grand cinéma avec un traitement proche du documentaire nourri de scènes redoutables qui suggèrent plus qu’elles ne montrent. Ce film fleuve sur la vie de gansters de jeunes d’une favela brésilienne est un véritable choc. Un film coup de poing en forme de saga virtuose qui rappelle la fureur violente d’un Scorsese et les effets chocs d’un Tarantino. Conçu avec un enchevêtrement d’anecdotes La Cité de Dieu fourmille de trognes et de silhouettes auquelles le réalisateur donne vie. On n’oublie pas le regard du petit gamin croisé au hasard d’une scène et que l’on retrouve plus tard gisant sur le trottoir, criblé de balles. Le rythme de ce film est une vraie folie, une sorte de cavalcade avec une caméra aussi présente sur la terre qu’au ciel. Ce long-métrage d’une brutalité terrible est conduit par une mise en scène chevillée à la caméra. Ce film latino américain est une belle révélation qui ne manquera pas de vous laisser cloué sur votre fauteuil !
 
Une famille brésilienne Version imprimable Suggérer par mail

Titre original : Linha de Passe – De Walter Salles et Daniela Thomas – Avec Sandra Corveloni et Joao Baldasserini – Sorti à Paris le 18 mars 2009 (1 h 53).

Une famille brésilienne
Synopsis

São Paulo, 20  millions d’habitants, 200 kilomètres d’embouteillage, 300 000 coursiers. Au cœur de cette ville en transe, quatre frères essaient de se réinventer de manières différentes. Réginaldo, le plus jeune est à la recherche de son père Dario, rêve d’une carrière de footballeur mais il est déjà rattrapé par l’age (18 ans). Dinho se réfugie dans la religion et Denis l’aîné, père d’un enfant gagne difficilement sa vie. À l’image d’un Brésil en état d’urgence qui grandit trop vite et qui se cherche, tous sont en quête d’une issue…

Ce qu’en a dit la presse

Un film sans beaucoup de moyens qui réussit le tour de force cinématographique de nous plonger au cœur de la réalité brésilienne. Il nous révèle le Brésil d’aujourd’hui en sachant nous émouvoir et nous bouleverser. Ce film profondément humaniste a des allures de tragédie. En déjouant avec dextérité le misérabilisme et le sensationnalisme, les réalisateurs parviennent avec finesse et élégance à insuffler à cette chronique moderne une belle touche de romanesque qui donne une vraie existence à chacun de ses personnages. Du cinéma social plein de tact et sans toc qui nous plonge dans la dure réalité d’une fratrie élevée par une mère courage.
 
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