La passiflore Version imprimable Suggérer par mail
Mady Huntzinger   
25-02-2011
Plus de 150 espèces de passiflores poussent à l’état sauvage sous les Tropiques : Amérique du Sud (Pérou, Brésil), Mexique, Bahamas, Sud des États-Unis.
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Son nom de passiflore (passio en latin signifiant passion et flor, fleur) nous aurait été légué par les missionnaires jésuites, qui, lorsqu’ils arrivèrent en Amérique du Sud au XVe siècle, furent frappés par la forme et la couleur de cette fleur. Pour eux, elle pouvait symboliser la crucifixion du Christ : les étamines faisant penser à une couronne d’épines, les 3 styles du pistil les 3 clous, et les couleurs blanche (pétales) et pourpre (étamines), la pureté, le paradis, le sang. La passiflore, (appelée communément par le nom de son fruit : maracuja) a, bien sûr, inspiré plus d’un poète, donnant libre cours à l’imagination… pour preuve, le joli poème brésilien ci-dessous.

La Fleur de Maracujá
Rencontrant un paysan, près d’un pied de maracuja, je l’interrogeai : Dis-moi cher paysan, est-elle blanche ou pourpre, la fleur de maracuja ?
Eh bien je vais vous conter, l’histoire que j’ai entendu raconter, la raison pour laquelle est pourpre aussi, la fleur de maracuja.
Le maracuja eut été blanc, je peux vous le jurer. Plus blanc que la charité, plus blanc que la lune.
Lors de l’éclosion des fleurs, là, aux confins du sertão, le maracuja semblait, un nid de coton.
Mais un jour, il y a très longtemps, un mois dont je ne me souviens pas, si c’était mai ou juin, si c’était janvier ou décembre,
Notre Seigneur Jésus Christ, fut condamné à mourir, sur une croix crucifié.
Loin d’ici comme on n’imagine pas, ils ont cloué le Christ avec un marteau.
En voyant une telle cruauté, la nature tout entière, s’est mise à pleurer de tristesse.
Les champs pleuraient, les feuilles aux alentours.
Les oiseaux aussi pleuraient, sur les branches de l’oranger.
Et il y avait accolé à la croix, un plant de maracuja, chargé de fleurs, au pied de Notre Seigneur.
Et le sang de Jésus Christ, le sang de la douleur, sur le pied de maracuja, colora toutes les fleurs.
Voici mon garçon, l’histoire qu’on m’a contée, la raison pour laquelle elle est pourpre aussi, la fleur de maracuja.
D’après le poème brésilien de Catulo da Paixão Cearense

La plante

À l’état sauvage, cette liane atteint plusieurs mètres de long, grimpe le long des arbres et fleurit par grande luminosité. Cultivée en France et dans de nombreux pays méditerranéens, elle s’épanouit palissée. En une saison elle peut couvrir une pergola en s’accrochant à l’aide de ses vrilles.

Le fruit

Le fruit de la passion, orangé ou violet, s’appelle aussi maracuja. Bien que de forme légèrement ovoïde, il fait penser à une pomme et mesure entre 2 et 4 cm. En Amazonie, le maracuja est considéré comme un véritable trésor car sa pulpe gélatineuse contient plein de petites graines noirâtres (comestibles dans la variété caerula et incarnata) que l’on consomme directement dans l’écorce ; d’où son nom « repas préparé dans une calebasse » en indien Tupi Guarani. À maturité les fruits tombent, libérant ces centaines de semences. Elles jaillissent d’elles-mêmes quand le sol est mi-argileux, mi-sablonneux et bien ensoleillé, ce qui fait dire aux botanistes : « la passiflore, n’a pas besoin d’autorisation pour naître, elle est spontanée » ! Lors de la conquête du Mexique, les fruits arrivèrent d’abord en Espagne, puis en France. Ils étaient alors consommés pour de seules vertus rafraîchissantes (leur goût légèrement acidulé).

ImagePropriétés

Les Aztèques déjà les utilisaient pour leurs propriétés sédatives, mais c’est au XIXe siècle seulement que des médecins américains redécouvrirent les vertus de la passiflore qui fit alors son entrée dans la pharmacopée européenne. Cette découverte engendra un fort développement de la culture de la plante et de la consommation du fruit. En 1937, elle fut inscrite pour la 1re fois dans le registre de la pharmacopée française.

Utilisation

Les communautés locales brésiliennes consomment en grande quantité le maracuja apprécié pour son goût particulièrement parfumé, « beau, cordial, plus doux que le sucre rosé » dit-on en Amazonie. On l’utilise très souvent pressé (en jus) et, avec la pulpe, dans les inoubliables crèmes à base de lait concentré sucré ! Un grand nombre de propriétés lui sont attribuées :
– Le fruit, très riche en vitamines A et C, contient en bonne quantité, fer et calcium et phosphore.l En sirop il agit comme un agent calmant, tranquillisant
– En infusion (feuilles) il serait efficace au moment de la ménopause
– Il est utilisé aussi contre les maux de têtes et les insomnies.
Sur le plan cosmétique, l’huile de maracuja, riche en acides gras essentiels (oméga 3 et 6) contribue à restaurer la couche lipidique de la peau en lui rendant douceur et souplesse ; elle renforce la barrière cutanée, maintient son hydratation en préservant le dessèchement. Sa teneur élevée en lycopène, (anti oxydant), en vitamines B2 et B5, permet d’empêcher la formation des radicaux libres, sources du vieillissement prématuré de la peau.
Que de bonnes et belles choses !
 
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