Le Despertar : un souffle nouveau Version imprimable Suggérer par mail
20-11-2015
Dans la revue de printemps (N° 210) nous avons longuement parlé du Despertar, de ces enfants à l’histoire si douloureuse, de ces adolescents rebelles, qui, entre les murs de leur prison, rêvaient de la réouverture d’un atelier mécanique-motos… Leur souhait a été entendu ! Et grâce à la merveilleuse générosité d’amis de Lettre d’Amazonie cet atelier pourra ouvrir pour la rentrée 2016 et fonctionner sur 3 ans…

L’équipe du Despertar, et avec elle toute la ville de Guajará, s’est profondément réjouie de pouvoir redonner un souffle nouveau à ce Centre dont les objectifs ne changent pas. Les témoignages ci-dessous vous en donneront un petit aperçu. Il y a beaucoup à faire encore, et nous avons toujours besoin de vous pour l’aider à réaliser pleinement sa vocation.

Au Despertar

ImageCinderson

Il a 13 ans. Ses parents étant séparés, il vit chez sa grand-mère de 62 ans. Il a 9 frères et sœurs qu’il voit parfois. L’aîné est âgé de 25 ans. Cinderson aime l’artisanat, mais est souvent remuant. Il voit sœur Fatima tous les jours pour « discuter ». Son rêve : devenir policier.

ImageJackson

Il est au Despertar depuis 5 ans. Il dit avoir juste un père, vigile au port. Sa mère est partie depuis longtemps et ne l’a revu qu’une fois. Jackson sait qu’il a 3 frères du côté de sa mère et 5 du côté de son père. Il n’en connaît aucun. Il aime venir au Despertar confectionner des objets pour les vendre. Il veut devenir policier.

ImageJuliana

Elle a 12 ans. Ses parents sont alcooliques. Sa maman s’est remariée et le beau-père n’a pas voulu d’elle. Juliana habite chez sa grand-mère qui part travailler en tant que cuisinière à 5 heures du matin. Le grand-père accueille souvent des alcooliques à la maison. Juliana se dit heureuse au Despertar où elle prend plaisir à confectionner des boîtes décorées en carton, à fabriquer des petits tapis, à décorer des sandales. Elle souhaite apprendre davantage. À noter que la grande majorité des enfants fréquentant les ateliers ne vit pas avec ses parents, ou ne connaît que l’un d’eux. Le plus souvent c’est le père qui est absent.

À la périphérie de la ville

Image
Jacilene, Lucivanda avec Lucienne.
du Prospero

Une famille habite là depuis 25 ans. La maman, 40 ans, célibataire a 2 filles Jacilene et Lucivanda, mamans à leur tour de 2 enfants (12 ans et 6 ans) chacun de père différent : pas besoin d’homme… Les enfants sont enregistrés sous le nom de la mère. Elles ne bénéficient d’aucune couverture sociale. Mais, Dieu aide dit-elle. Elle le remercie comme aussi Dom Geraldo qui a fait construire ce quartier. La petite fille de 6 ans Luciene, fréquente le Despertar. « C’est bien, parce qu’elle n’est pas dans la rue. Elle était timide, solitaire. Maintenant Lucienne a des amis ; elle est même devenue enfant de chœur. »

Faubourg Esmeralda

Dans un des coins les plus reculés du faubourg, entouré de hautes herbes, une toute petite maison. À proximité une jeune femme lave une montagne de linge… près d’elle des enfants. Nous nous approchons, Pedro Ademar (à ce moment encore directeur du Despertar), Régis (économe du diocèse) et moi. Nous nous présentons. Au bout d’un instant, Régis demande au père sorti de la maison, l’âge des enfants : « tous les âges » répondra-t-il ! Nous en compterons onze. De 1 à 11 ans nous dit le père qui travaille dans une ferme. Certains enfants ne sont pas scolarisés, alors que l’école n’est pas loin. – Pourquoi ? – Pas de place… – Alors ? Eh bien, rien… Il n’a pas cherché ailleurs ! Et pourtant l’école est obligatoire. Pedro encourage fortement le père à inscrire les enfants à l’école pour la prochaine rentrée et lui recommande de les envoyer au Despertar.
 
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