Les nouvelles du diocèse
Enfin ! Mais… Version imprimable Suggérer par mail
06-04-2014
 
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Enfin la crue s’est arrêtée. Après un mois et demi. Mais les quartiers de la ville sont toujours sous l’eau et la BR reste toujours impraticable. La piste de déviation ouverte il y a peu, reste encore praticable mais avec des horaires d’ouverture stricts et contrôlés pour éviter les gros poids lourds.
La sécurité civile a fini par obtenir des sacs alimentaires mais la distribution étant parcimonieuse, beaucoup de familles délogées n’avaient, après un mois d’inondation, toujours rien reçu, de même que les ouvriers (du bâtiment, dockers) se retrouvant sans travail. Aussi les sacs de nourriture préparés par le diocèse partent très vite, distribués également aux habitants voisins, aux Indiens descendus à la ville, leur village étant complètement inondé ainsi que leurs plantations, aux riverains du fleuve qui eux aussi ont tout perdu.

 
L'eau monte toujours Version imprimable Suggérer par mail
26-03-2014
 
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À Porto-Velho le niveau de l'eau a atteint 19,50 m soit 2 m de plus qu’au moment de la plus grande crue jamais atteinte ! Près de 4 000 familles, ont été relogées entre autres dans des écoles. Après plus d’1 mois le gouvernement fédéral vient enfin d'envoyer des tentes de secours d’urgence qui vont être montées au parc d´exposition afin de pouvoir libérer les locaux scolaires et commencer la classe avec presque deux mois de retard !

 
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Un tronçon de la BR Porto-Velho-Guajará a été surélevé et des camions de ravitaillement commencent à arriver.
À Guajará l'eau continue à monter : 6 à 10 cm par jour : 2,60 m en deux semaines. Le record de la crue historique de 1982 est dépassé. Par endroits, le courant dans la ville et les rues est si fort que des murs s'effondrent. De nombreuses rues commerçantes et des dépôts sont sous l'eau. Les deux plus grands grossistes distributeurs alimentaires ont fermé.

Plus de 200 familles de la ville ont été relogées ainsi que celles de villages indiens complètement inondés.
Guajará a enfin reçu 15 tentes du gouvernement fédéral, mais pas encore  d'argent pour les sans-abris ! Certains jours la quinzaine de familles relogée dans un gymnase doit faire appel à la générosité publique.
Aujourd’hui le diocèse a fourni le petit-déjeuner, 40 kg de poulet et 1 bouteille de gaz pour le déjeuner et a préparé 150 sacs de nourriture.

 
Le drame continue Version imprimable Suggérer par mail
20-03-2014
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Il continue à pleuvoir ; l’eau ne cesse de monter. De plus en plus de quartiers sont inondés maintenant, les isolant du centre de la ville. Serpents, crocodiles araignées entrent partout. Les moustiques pullulent. La ville répand des insecticides quasiment tous les soirs. Les pluies sont prévues jusque début avril. Des épidémies de dengue, malaria sont à craindre, de même que la leptospirose. Depuis hier le diocèse fournit à chaque famille dans le besoin (celles relogées ailleurs car leurs maisons sont sous l’eau, les ouvriers au chômage depuis les inondations, les agriculteurs ayant perdu leur plantation) 1 sac de provisions pour 2 à 3 semaines (riz-haricots). Mais il ne va pas être facile de continuer longtemps, faute d'approvisionnement. Déjà les 50 premiers sacs sont partis en 4 jours. De nombreuses personnes se sont inscrites à la mairie mais n’ont rien reçu, a priori la municipalité n’a pas reçu les fonds du gouvernement.
Les prix flambent :
– 1 sac de 15 kg de nourriture de base : 20 euros
– 1 bonbonne de 13 kg de gaz : 21 euros (13 euros en temps normal)
– 1 bonbonne d'eau (15 l) : 5 euros (1,5 euro en temps normal)
– avion-taxi : 105 euros un aller pour toute démarche à la capitale. Le gouvernement assure par avion cargo le transport des malades à l’hôpital « voisin » (350 km) pour dialyses etc. Mais la route qui mène à l’aéroport est elle aussi inondée maintenant. Il a fallu improviser une piste d'accès où déjà les voitures restent embourbées.
 
Dans l’arche de Noé Version imprimable Suggérer par mail
16-03-2014
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Cela fait maintenant 4 semaines que les fleuves Béni, Madeira sont en crue, provoquant tant dans le Rondônia (autour de Guajará) que dans le Béni (en Bolivie, autour de Trinidad) des inondations catastrophiques passées hélas sous silence par les médias.
Guajará-Mirim est particulièrement affectée puisque l’unique route la reliant à Porto-Velho est fermée, l’isolant complètement de tout. La situation maintenant est dramatique.
Le gouvernement a juste essayé de maintenir une piste de contournement sans réellement y mettre les moyens ce qui fait qu´elle est impraticable actuellement ! Aucun avion-cargo n’a été envoyé pour acheminer les denrées alimentaires : les commerçants essayent de se débrouiller comme ils peuvent en s’approvisionnant par le biais de petits bateaux. Bien sûr, ils augmentent les prix. L’eau potable manque. Depuis 4 jours, plus d´essence ni de gaz sauf en Bolivie. Après le fleuve Madeira et le Rio Béni, c´est au tour du Mamoré d´entrer en crue avec toute l’eau accumulée en Bolivie qui arrive avec un temps de retard. On voit passer des troncs d’arbres, des vaches mortes, des capiviras (énormes rongeurs), des poissons crevés. Le fleuve qui augmentait de 3-4 cm par semaine au début de l’inondation, puis de 3-4 cm par jour, a passé à 10 cm par jour en fin de semaine et à 18 cm hier. De nombreuses familles ont dû abandonner leur maison, même sur pilotis. Du fait que le port de Guajará est lui aussi inondé, les barges ne peuvent plus accoster…


 
La plus grande inondation en 100 ans Version imprimable Suggérer par mail
04-03-2014
 
Un des ponts de la route Porto-Velho-Guajará.
Un des ponts de la route Porto-Velho-Guajará.
 
Le même pont mi-fevrier.
Le même pont mi-fevrier.
 

En Amazonie la saison des pluies commence fin novembre. Dès le début du mois de janvier de cette année 2014, le niveau des eaux a commencé à monter de façon inquiétante, tant du côté bolivien que du côté brésilien. Le Rio Béni (qui descend de la Cordillère des Andes), gonflé par les eaux de la fonte des neiges andines, celles des pluies diluviennes, est très vite sorti de son lit. Rejoint par le rio Mamoré (venant également des Andes) lui aussi en crue, ils ont provoqué des inondations catastrophiques.


 
Une semaine plus tard.
Une semaine plus tard.
 
De l’eau jusqu’au genou !
De l’eau jusqu’au genou !
 

Du côté bolivien, à Trinidad 30 000 personnes sont évacués. Début mars on relève dans cette seule région 60 morts et le chiffre augmente chaque jour. D'immenses troupeaux périssent noyés (100 000 têtes de bétail). Du côté brésilien, ce n'est guère mieux. À Porto Velho le niveau de l'eau est monté jusqu'à la cote de 19 m (du jamais vu). La situation est très vite devenue critique à Vila Murtinho, à 40 km avant Guajará, là où les deux fleuves se rejoignent pour former le Madeira, le plus grand affluent de l'Amazone. La petite église Sainte Thérèse de Vila Murtinho a 1,80 mètre d'eau dans la nef. La présence des réserves d'eau due aux barrages n'a rien arrangé. L’unique route reliant Porto-Velho à Guajará est coupée avec toutes les conséquences qu'il peut y avoir du point de vue médical : les malades devant être acheminés à la capitale le sont par l'aviation civile qui utilise l'aéroport fermé depuis longtemps. La vie économique est plus que ralentie : les ouvriers du bâtiment sont au chômage : la matière première n'arrive plus.

 
À l’endroit de la rencontre des 2 fleuves.
À l’endroit de la rencontre des 2 fleuves.
 
La route avant Nova Mamore.
La route avant Nova Mamore.
 

Les dockers du port sont sans travail et les éleveurs de la région jettent le lait qui ne peut plus être acheminé par camions. À Guajará 250 personnes des faubourgs inondés ont été relogées. Pendant un temps l'angoisse était tangible à Porto Velho : sous la violence des eaux déferlant de partout. Les barrages vont-ils tenir ? Pour le moment, il semblerait que les craintes n'aient pas été justifiées. D'autre part il est possible maintenant de rejoindre Porto-Velho en passant par des piste, pas faites du tout pour la circulation des voitures et camions qui s'y embourbent tant et plus. Les accidents ne se comptent plus. D'autre part il faut maintenant parcourir 500 km pour se rendre à Porto-Velho au lieu des 340 habituels et il faut 30 heures au lieu de 4… avec une nuit en pleine nature. Le bout du monde. Il avait été question d'ouvrir une route dans un parc national pour raccourcir les distances, mais le Gouvernement s’y est opposé.

 
Edilson Version imprimable Suggérer par mail
04-03-2014
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Nous sommes allés le voir avec Régis lors de mon séjour à Guajará en décembre dernier. Il faisait partie du groupe qui avait pu se rendre à Rio grâce à Lettre d’Amazonie Je lui ai donné le bulletin n°205 dans lequel figurait son récit des JMJ. Edilson vibrait encore en évoquant sa rencontre avec le pape François. Avec beaucoup de ferveur, il me chargea de remercier ceux grâce à qui il avait pu vivre ces temps inoubliables.
 
Raimundo Version imprimable Suggérer par mail
04-03-2014
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Sauvé par le père Gérard, alors qu’il se laissait mourir à l’hôpital régional, Raimundo a été pris en charge par la Maison des Anciens (voir Lettre d’Amazonie n°202) où grâce à des séances régulières de kiné, il est à nouveau sur pied. Débordant d’énergie, Raimundo veut à présent retourner sur son île, ce qui, hélas est impossible. Il reconnaît lui-même essayer de fuguer, mais ne plus être en colère quand on le ramène dans sa chambre.
 
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