Rapport moral 2009 Version imprimable Suggérer par mail
Mgr Gérard Verdier, président   
Assemblée générale de l’Association « Lettre d’Amazonie » du 9 septembre 2010

I – De bonnes nouvelles de la Mission

Depuis notre dernière assemblée générale, du 22 juin 2009, nous avons eu de grandes joies qui concernent la vie ecclésiale de la Mission :

Deux ordinations sacerdotales :
– du Père Jorge Dorado Palacio, le 12 juillet 2009, à Cabixi ;
– du Père Manoel de Souza Costa, le 25 juillet 2010, à Corumbiara.

Trois ordinations diaconales, le 29 août 2010, à Costa-Marques, des trois premiers diacres permanents du diocèse, mariés et pères de plusieurs enfants :
– Diacre Braz Rodriguez de Almeida ;
– Diacre Manoel Aprecido Ferreira ;
– Diacre Sidnei Tavares Lopes.

Le 5 septembre 2010, le Père Jean Picard, après 15 ans de mission à Costa-Marques, a remis sa chère paroisse du Divino Espirito Santo à deux jeunes prêtres brésiliens du diocèse de Guajará-Mirim, les Pères Edmilson Pereira de Oliveira et Manoel de Souza Costa.

Ainsi, le rêve de Monseigneur Rey et de tous les missionnaires étrangers, de remettre les paroisses du diocèse aux fils du pays, commence à se réaliser, grâce au groupe, encore bien petit mais bien vivant, de nos jeunes prêtres diocésains.

Et nous attendons notre futur nouvel évêque-coadjuteur, brésilien. Les premiers candidats que j’avais présentés au Nonce n’ont pas été acceptés. Le mois dernier, je lui ai présenté une nouvelle liste de trois noms de prêtres brésiliens que je juge tout à fait capables d’être évêques. Et le Nonce m’a répondu qu’il commençait les consultations sur l’un des trois indiqués. C’est pour nous une excellente nouvelle ! Mais attendons patiemment.

Je tiens à signaler que nous avons actuellement à la mission une équipe de 21 prêtres, jeunes en majorité, et très zélés. Sur ces vingt et un, seize sont des prêtres diocésains.

Les religieux ont chaque année une rencontre spéciale avec leurs supérieurs.

L’évêque, de son côté, réunit chaque année ses prêtres diocésains. La rencontre de cette année fut particulièrement riche. Les prêtres séculiers des diocèses du Sud du Brésil (Maringá, Apucarana et São José du Rio Preto) manifestent un attachement réel à notre Mission. Mais ils ont insisté pour que je réserve les responsabilités diocésaines à des prêtres de Guajará-Mirim, ainsi sont :
– vicaire général : père José Elio Dukievicz ;
– chancelier et responsable des séminaristes : père Wilian Lino Orcesi ;
– 1er curé de paroisse : père Edmilson Pereira de Oliveira.
Je sens mes jeunes prêtres bien proches de moi et tout à fait prêts à accueillir leur futur évêque.

II – Joies et problèmes de nos œuvres sociales

Je tiens à souligner combien l’équipe des religieuses et des laïcs volontaires ou laïcs de nos communautés, nous aident dans l’administration de ces œuvres : je pense à Régis Herbel et Gigli Guerrero (siège de la Mission), Ana Paula, sœur Marlène et sœur Adelina (hôpital Bom Pastor), Pedro Lima et sœur Fátima (Centre Despertar), Ivan Mendes (Radio Educadora)…

1. Le centre Despertar

Il continue à progresser, 14 cours y sont dispensés. Pedro Lima, son directeur, a créé un nouveau cours de formation administrative pour un groupe de 20 handicapés physiques. En projet pour l’année prochaine : la formation de boulangers, la ville manquant de ces artisans à cause de l’appel de main-d’œuvre pour le barrage. Le Despertar constitue le second poste de dépenses de nos œuvres sociales, 68 600 € pour les 8 premiers mois 2010.

2. La radio Educadora

D’abord une nouvelle familiale : le directeur Ivan Mendes et son épouse Eleandra, sont parents d’une petite Bianca Vitoria. Le frère aîné Bruno a 17 ans.

Ivan continue à gérer la radio de son mieux, mais il n’arrive pas encore à équilibrer les recettes et les dépenses. Lettre d’Amazonie couvre 65,2 % du budget, soit, pour l’année 2009, 33 400 € (7,3 % du total des soutiens d'association).

La radio est un instrument infiniment précieux qui nous aide beaucoup dans notre ministère (messe quotidienne radiodiffusée, nouvelles fiables, défense de nos œuvres sociales et des droits de l’homme, émissions spécifiques aux Indiens…).

3. Jardin Beija-Flor

L’année avec la directrice Vilma, fonctionnaire de la mairie fut bonne. En 2009 il a accueilli 350 enfants. Les dépenses couvertes par les dons de Lettre d’Amazonie sont d’un ordre de grandeur plus modeste : 11 400 € pour les 8 premiers mois de l’année 2010.

Le point délicat est que la Mission ne choisit plus les monitrices. Or la ville de Costa-Marques compte beaucoup d’évangéliques, certaines des monitrices affectées au Beija-Flor essaient d’influencer les enfants et les parents selon leur vision religieuse. Le père Jean, avant son départ, a demandé à la directrice, Vilma, d’admettre une religieuse : la sœur Maria Inès, et de rendre à la mairie une de ces professeures manquant à tout le moins de neutralité.

4. Sagarana et les Indiens

Sagarana continue son cheminement autonome. Non sans difficultés. Si bien que Piau, premier administrateur indien après les coopérants français, qui vit maintenant avec sa femme et ses enfants à Guajará-Mirim, avec un contrat de service à la Mission, m’a demandé d’aller passer un certain temps avec ses compagnons pour essayer de redresser la situation. Il y a réussi en partie, mais il ne peut rester constamment avec eux.

Grâce à une donatrice généreuse, ils ont obtenu un bateau, moins grand que les précédents, mais qui leur rend d’énormes services.

Le Dr Gilles de Catheu, qui est toujours leur référent pour la santé, ne peut malheureusement pas les accompagner comme il le voudrait. Mais, avec ses collaboratrices du CIMI (Ivanilda, Vera et sœur Fátima), il reste très présent à tous les problèmes indigènes de la région et ne cesse de revendiquer auprès des autorités sanitaires qui ont pratiquement abandonné la santé des indiens.

Son état santé continue à être bien précaire, mais il assume son mal avec un courage qui nous édifie.

5. L’hôpital Bom Pastor

Créé il y a 47 ans, il est dans le « paysage » de la ville de Guajará-Mirim et les services qu’il rend sont hautement appréciés de la population.

Depuis des années nous vous parlons des difficultés que nous avons à l’administrer et des dépenses qu’il nous occasionne, entamant la réserve financière de l’association.

Nous avons travaillé d’arrache pied à résoudre cette énorme difficulté. Voici où nous en sommes :
a) Le premier problème est la maternité, pratiquement imposée au Bom Pastor par une mairie n’a pas d’autre solution, les fonds prévus pour une maternité publique ayant « disparu ».
b) Le deuxième problème est d'ordre financier et concerne l’hôpital dans son ensemble (y compris cette maternité) : la Mission ne peut subvenir aux frais de fonctionnement de cet ensemble (le soutien de Lettre d’Amazonie, 159 000 € en 2009, correspond à 15 % du budget de l’hôpital ; le graphique de la répartition des ressources figure ci-dessous).
Or « l’impôt patronal », impôt fédéral, dû tous les mois (homologue des charges sociales françaises), représente près des 2/3 de ce déficit de fonctionnement (environ 100 000 € par an). Une exemption fiscale est possible, via la reconnaissance du caractère « philanthropique » de l’établissement. Demande est faite depuis deux ans de ce « Certificat de Philanthropie », en application de la loi. En vain jusqu’ici.
c) Le maire a été prévenu qu’il n’est plus possible de payer cet impôt, (faute de moyens) qu’il lui appartiendrait donc de l’assumer avant le 20 de chaque mois. Un défaut de paiement pourrait nous obliger légalement à fermer l’hôpital et sa maternité, la seule de la ville !
d) À noter que la fermeture totale de l’hôpital, à supposer qu’elle soit mise en œuvre, nous obligerait à indemniser 80 employés pour une somme de 218 000 € !
e) Des démarches très fermes vont être entamées sous peu, en saisissant formellement les autorités locales et régionales, et sans doute en intervenant directement à Brasilia. Ces actions étant relayées aussi par des messages via la radio.

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III – Situation financière

Le rapport financier présenté par notre trésorier, fait le point exhaustif de l’emploi des sommes envoyées par l’association à la Mission. Il est souhaitable d’arriver, pour équilibrer sainement le fonctionnement à ne pas toucher au capital de l’association. Une économie de 150 000 € semble accessible sans toucher au fond des actions sociales (celle mentionnée ci-dessus sur l’impôt patronal payé par l’hôpital y contribuerait pour 2/3) et permettrait le retour à l’équilibre.
 
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