Rapport moral 2014 Version imprimable Suggérer par mail
29-07-2014
Assemblée générale de l’Association « Lettre d’Amazonie » juin 2015.

Le Père Gérard Verdier.
Le Père Gérard Verdier.
Le bilan des inondations de 2014

L’an dernier, le rapport moral a longuement parlé de ces inondations exceptionnelles qui ont envahi notre ville pendant 3 mois et causé d'innombrables dégâts dont des maisons totalement détruites. Le diocèse a travaillé à faire reconstruire les maisons endommagées et en faire bâtir d´autres sur des terrains non inondables. Ceci a été possible grâce à la générosité des donateurs de Lettre d'Amazonie qui ont répondu à l'Appel lancé dans la revue de printemps 2015. Une équipe animatrice continue d´avancer sous la coordination de Dom Benedito afin de traiter de nombreuses aides encore sollicitées. Car, si toutes les familles ont à ce jour un toit, elles ne sont pas nécessairement toutes relogées. Toutes les routes ayant été de longs mois coupées par les eaux, il a fallu attendre longtemps pour que la circulation retourne à la normale. Les visites dans les communautés ont été suspendues. Pour rattraper le retard dans le travail et les œuvres sociales, notre évêque Dom Benedito a dû forcer le rythme de ses visites pastorales dans les paroisses, situées à plus de 1 000 km de Guajará-Mirim.

Les Sans Terre

Dom Benedito, élu par les évêques de la région épiscopale du Nord-Ouest amazonien responsable de CPT (Commission Pastorale de la Terre) est régulièrement convoqué par le bureau national qui s'est saisi des graves problèmes de la terre. Il faut dire que la réforme agraire déjà réclamée par le pape Jean Paul II n´a jamais été réalisée. Les élus, députés et sénateurs du pays en majorité de grands propriétaires terriens, bloquent de fait toute réforme. En mars dernier, Dom Benedito a présenté à la presse le livre-bilan d´une année de violences contre les sans terre du pays. Dans notre diocèse il doit affronter plusieurs cas de violences, particulièrement dans la paroisse de Seringueiras tel l´assassinat d´un agriculteur sans terre. Le 9 novembre dernier, le P. Gérard a présidé à Corumbiara la très émouvante messe d´anniversaire du massacre des 23 agriculteurs et d´une fillette de 7 ans.

Dernière heure : les évêques du Brésil viennent de relancer l'appel pour la réforme agraire.

La cathédrale Nossa Senhora do Seringueiro

Son toit a été très abîmé par les pluies torrentielles depuis des années. L'eau a fini par pénétrer par le faux plafond et créé d'importants dégâts. Un Appel dans la revue Lettre d'Amazonie a permis d'entreprendre la réfection totale de la couverture et la mise en place de gouttières. Restent encore tous les travaux conséquents de remise aux normes de sécurité, la peinture intérieure à refaire. La cathédrale est bien sûr fermée depuis le mois de mars. Sa réouverture devrait se faire à la fin de l’automne.

Les séminaristes

Les grands séminaristes, formés au Grand Séminaire Jean XXIII de Porto Velho, sont actuellement au nombre de cinq. Le séminaire Saint Maximilien Kolbe de Guajará-Mirim a rouvert au début de cette année pour accueillir quatre jeunes candidats au sacerdoce. C'est le prêtre Osmar Ferreira, ordonné en février 2014, qui est leur recteur.

Le CIMI et les Indiens

Le diocèse continue de soutenir et d'œuvrer pour les Indiens, surtout grâce à la présence et à l'accompagnement de Gilles de Catheu, médecin, ancien coopérant. L’organisme attaché à la Conférence Nationale des Évêques du Brésil, le CIMI (Conseil Indigéniste Missionnaire), fonctionne pleinement à Guajará-Mirim avec quatre membres permanents attentifs à tous les problèmes qu'affrontent les Indiens tant sur le plan national que régional et diocésain (Gilles de Catheu en a rendu compte par ses articles de la Lettre d'Amazonie). Si le diocèse n'administre plus le village indien de Sagarana depuis des années, le dialogue avec les habitants est resté constant, les Indiens ayant libre accès à la maison du CIMI à Guajará-Mirim et à celle du diocèse.

Les œuvres sociales

Le centre Despertar (à Guajará-Mirim)

L'origine. Créé en 1990 par la Mission, le Despertar ouvrait ses portes aux enfants des quartiers les plus défavorisés livrés à la rue, à la drogue et à la violence. Grâce au soutien du diocèse des ateliers "occupationnels" furent créés, dont l'efficacité sociale s'est bien avérée. Le gouvernement décida alors de lui confier une formation professionnelle pour adolescents et adultes, et d'en assurer la charge financière. Pendant 18 ans le SENAI (organisme d'état) fournit en effet professeurs et matériel spécialisé. À la rentrée scolaire de septembre 2014, le SENAI retirait les enseignants et reprenait son matériel, pour des raisons pas clairement explicitées (fin des travaux du barrage, problèmes budgétaires ?). Mais faute de moyens il a fallu renvoyer 240 élèves…
Aujourd'hui. Le diocèse, grâce à Lettre d'Amazonie, peut maintenir certains ateliers pour les enfants et a rouvert tout de même pour les adolescents un cours de secrétariat, d'administration et d'informatique.
Un projet. Rouvrir en 2016 un atelier mécanique motos… très demandé par les jeunes en difficulté. Une fois l'organisation du Centre mise au point compte tenu de ce nouveau contexte et sa viabilité ainsi assurée, ses besoins de financement précisés, Lettre d'Amazonie lancera sans doute un Appel à la fin de l'année.

Le Jardin Beija Flor (à Costa Marques)

Fondé en 1978 par le diocèse sous l'impulsion d'un couple de missionnaires laïques, le Jardin Beija Flor eut comme vocation première d'accueillir les petits des familles nécessiteuses de Costa Marques. Pendant des années ce sont des coopérants accompagnés par les Sœurs du Calvaire qui ont maintenu le Jardin grâce à l'appui financier de Lettre d´Amazonie. Petit à petit, la Mairie de Costa Marques, reconnaissant le beau travail du Jardin, a commencé à intervenir pour le soutenir, au point d'être presque entièrement géré par elle. Selon une proposition récente (mars 2015) faite à la Mairie par Dom Benedito et le Conseil presbytéral, le Jardin fondé par la Mission passerait sous administration complète de la mairie. Nous espérons que cette proposition sera acceptée. En attendant nous continuons à donner une petite aide financière au Jardin.

La Radio Educadora (à Guajará-Mirim)

En novembre 1964 Monseigneur Rey inaugurait la première radio de Guajará-Mirim montée par le Père Ferdinand Bendoraitis, missionnaire lituanien. Elle émettait en ondes moyennes. Cette radio n'a cessé de rendre d´immenses services : informations, cours de formation, animation des fêtes, messes dominicales radiodiffusées, promotion sociale, défense des droits de l'homme (prise de position contre la torture), défense des Indiens, des sans terre. Depuis quelques années ces programmes sont également publiés sur internet. En décembre 2014 une belle cérémonie commémora les 50 ans d'existence de la radio. C'est maintenant le passage de la Radio dans la bande des ondes FM que nous attendons impatiemment depuis des mois. La licence doit en être accordée par le gouvernement brésilien. Cette technique permet une plus grande portée d'émission et on le sait, un son de bien meilleure qualité.

Un dernier flash : Rome nomme Dom Benedito administrateur apostolique de Porto-Velho
Notre évêque, Dom Benedito, toujours en charge du diocèse de Guajará-Mirim, se voit confier par le pape François, « l'administration apostolique » (l'intérim en quelque sorte) de l´Archevêché de Porto Velho (à 350 km), bien plus important en nombre de fidèles… et en problèmes ! Ainsi son activité couvrira-t-elle ces deux énormes diocèses, jusqu´à l´arrivée du prochain archevêque de Porto Velho, d'ici sans doute encore quelques mois ! Soutenons-le dans nos pensées et prières !

 
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