Voir Guajará !
05-08-2017
Amis de la congrégation des sœurs de Notre Dame du Calvaire, nous avons été invités à nous rendre compte de leur mission dans différentes régions du Brésil et Guajará-Mirim a fait partie de nos destinations. En effet, dès 1935, cette congrégation fut une des premières à s’y implanter. Aujourd’hui, plusieurs communautés religieuses assistent les évêques, les prêtres et œuvrent dans différents domaines de la Mission.
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Trois jours sur place, nous permettent de rencontrer presque tous les protagonistes de la Mission. Monseigneur Verdier nous attend à l’évêché, il nous reçoit dans son bureau et évoque avec nous la Mission, et tout ce qui lui tient à cœur : la protection des Indiens, la défense de leurs droits, mais aussi les moments difficiles, les combats qu’il a menés : tout au long de son récit nous sommes frappés par son humilité, sa totale confiance dans le Seigneur. Il manifeste également sa joie de pouvoir rester aux côtés de Monseigneur Benedito Araujo, de constater le dynamisme des prêtres et des jeunes séminaristes sur lesquels il veille avec une bienveillance paternelle. Nous ne verrons pas Dom Benedito en visite pastorale dans le sud de son diocèse. Nous sommes agréablement surpris par le nombre de laïcs très présents, qui œuvrent à leur côté. Nous l’avons vérifié à l’occasion d’une soirée festive pour l’anniversaire du Père Renato. Toutes les équipes paroissiales sont présentes. Chacune intervient pour exprimer avec enthousiasme son engagement pastoral. Nous rencontrons aussi une autre personnalité incontournable de la Mission, le docteur Gilles de Catheu, passionné également pour la cause indienne et cela depuis plus de 30 ans ! Il passe une bonne partie de ses matinées au Cimi, un lieu d’accueil dans lequel les familles indiennes de passage à Guajará trouvent un certain nombre de services : accueil, petits soins, conseils. Nous sommes émerveillés par sa disponibilité constante et sa grandeur d’âme.

Les entités du diocèse

En visitant le centre Despertar, à notre arrivée dans la cour, des enfants joyeux jouent dans tous les sens : cache-cache, corde à sauter, trampoline : un émerveillement de les voir si heureux ! Mais dès que la cloche sonne, tous se mettent en rang sans difficulté pour rejoindre avec les éducateurs leurs salles de classe et s’atteler à diverses activités : rattrapage scolaire pour certains, travaux manuels, artisanat pour d’autres. Avec étonnement nous les voyons, affairés et appliqués dans leurs différentes occupations. Tous ont le sourire et s’entraident. Ils sont fiers de nous montrer leurs travaux et réalisations : confection de napperons au crochet. Les garçons aussi s’y mettent : porte-clés, découpage de feuilles de couleurs et collage pour réaliser de très belles cartes. Fiers aussi de l’intérêt que Lettre d’Amazonie leur porte.
Bernard et Henriette Grynko avec le père Gérard.
Bernard et Henriette Grynko avec le père Gérard.
À l’atelier motos des jeunes gens et une seule fille sont en plein cours de mécanique. Eux aussi sont concentrés et s’investissent pour avoir une bonne qualification et un avenir meilleur. Beaucoup sont conscients que leur futur se joue là. Ils nous demandent de remercier vivement tous les donateurs de Lettre d’Amazonie pour l’aide apportée.
Un petit tour à la Maison des Anciens. Des personnes âgées vulnérables et sans famille sont hébergées là. Un petit havre de paix où règne malgré la chaleur un climat de quiétude. C’est l’heure de la sieste. Certains dorment dans leur hamac, d’autres sur leur lit un peu perdus ou angoissés. Mais le personnel, très à l’écoute veille, s’appliquant à rassurer, à consoler.
À la Radio Educadora, dans un studio nous assistons à un débat très animé et en direct avec des auditeurs. Malgré la barrière de la langue nous devinons qu’il s’agit là de politique.
Nous avons l’opportunité de monter jusqu’aux clochers de la cathédrale par un étroit escalier sans compter le nombre de marches et en évitant délicatement toiles d’araignées et nids d’abeilles ! Mais une fois en haut, quelle récompense, nous avons une vue splendide à 360° de Guajará. La ville s’offre à nous avec le fleuve Mamoré qui serpente et la Bolivie au-delà.
Jamais nous n’avions imaginé nous rendre un jour en Amazonie et encore moins à Guajará. Nous soutenions Lettre d’Amazonie depuis quelques années. De loin, nous suivions et vivions la Mission au travers des différents articles et reportages. Nous rendre sur place nous a permis non seulement de voir les différentes réalités dont souffre cette région : la déforestation, les difficultés dans l’accès aux soins, à l’éducation, la pauvreté, les difficultés rencontrées par les communautés indiennes, mais aussi les réalisations et le soutien permanent de Lettre d’Amazonie auprès des équipes sur place, permettant de redonner aux plus défavorisés leur dignité.